Les autoroutes, ou la chronique d’un suspense insoutenable…

Les autoroutes, ou la chronique d’un suspense insoutenable…

Chronique d’un suspense insoutenable… et d’un soulagement !

C’est un peu long à expliquer, comme toutes les angoisses existentielles profondes, désolé par avance, je sais qu’aujourd’hui il est préférable que tout aille vite. Mais quand même.

Pour ce qui est d’aller vite, donc, en France, la plus grande partie des presque 8000km de réseau autoroutier appartiennent à Eiffage ou Vinci, les tronçons restants allant à quelques autres sociétés (Adelac, Albea, Alicorne, Alis, Atlandes, ATMB, SFTRF, SMTPC…) qui se partagent les miettes du gâteau en bitume.

Depuis 2002, l’État s’est désengagé progressivement des sociétés public/privé de gestion des autoroutes alors que celles-ci devenaient justement rentables. Faire faire du bénéfice à l’État avec des biens financés par l’État, quelle idée saugrenue, vous en conviendrez ! Il était bien normal que des infrastructures routières financées par les citoyens, les impôts directs ou indirects, l’argent public donc, rapportent finalement à des sociétés privées. Sur ce point, depuis 2002, PS et UMP sont sur la même longueur d’onde, et tous ceux qui n’ont point les mains sur le volant se les frottent gaiement.

Ces privatisations auront notamment permis d’augmenter les tarifs des péages en moyenne de 1,97% par an entre 2006 et 2013. Les citoyens ont payé pour la construction de ces autoroutes, quoi de plus logique que de les faire payer encore plus cher pour avoir le droit de les emprunter !

L’autorité de la concurrence française s’est penchée sur le sujet, et a constaté en 2014 avec un large sourire, que l’ensemble des sociétés autoroutières sont « très rentables », entre 20% et 24%, suivant les sociétés, une fois qu’on a déduit les investissements, les frais financiers et les impôts. Les actionnaires peuvent souffler. Car vous ne vous en rendez certainement pas compte, mais le prix du plein d’un Falcon 8X de chez Dassault, ce n’est pas exactement le prix du plein de votre Dacia.

Ces sept principales sociétés ont ainsi engrangé un bénéfice net cumulé de 1,8 milliards d’euros en 2013. Jusque là, vous me direz, pas de quoi s’alarmer pour elles. C’est une affaire qui roule, vous en conviendrez, même si on peut toujours accélérer !

Mais voilà, il a fallu que Ségolène Royal, la bolchévique du Poitou, mette son grain de sel dans l’histoire, et commence à parler récemment de “gel des tarifs en 2015”. Bon certes, pas de quoi déclencher une grève du CAC40, mais tout de même ! Les sept concessionnaires historiques ont distribué 14,6 milliards d’euros de dividendes depuis 2006 à leurs actionnaires, il ne faudrait surtout pas les freiner sur cette lancée. Tu pars en vrille, Ségolène !

D’autant qu’à l’aube du XXIe siècle, quand Pôle Emploi te dit qu’il faut être “mobile”, “flexible”, prêt à “faire des bornes” pour travailler, et que les actionnaires se frottent opportunément les mains, ce n’est pas vraiment le moment de jeter du sable dans les rouages de la machine à cash.

C’est là qu’à commencé mon angoisse existentielle. Je me suis dit : “mais merde, les pauvres, comment ils vont faire pour engranger des milliards de bénéfices si on gèle les tarifs ?”. Je n’en dormais plus la nuit.

La journée, je passais à un maximum de péage, jetant par la fenêtre des billets de 50€, en signe de solidarité. Je tombais parfois volontairement en panne, histoire de leur signer un chèque de 184,26 € TTC pour être dépanné.

La situation était désespérée. Il fallait intervenir.

Je commençais alors à me pencher sur la rédaction d’un projet de taxe carbone sur les véhicules des particuliers, taxe qui pourrait être directement collectée et encaissée par les sociétés autoroutières, pour compenser les émissions de carbone de leurs Falcon.

Envoyer le tout au ministère de la stalinienne du marais poitevin, ou au sémillant Rothschildien décomplexé Emmanuel Macron ? Le dilemme était cruel. Je restais prostré.

Et puis voilà, le soulagement est ENFIN arrivé ce matin, en ouvrant le JDD. Je ne vous dis pas comment je me suis senti enfin déchargé d’un fardeau immense.

Vraiment, merci François.

JDD Hollande autoroutes

Capture d'écran de 2015-02-08 15:00:14

One Responseto “Les autoroutes, ou la chronique d’un suspense insoutenable…”

  1. Guy Leboutte dit :

    Il paraît que de jeunes piétons en voie de radicalisation prépareraient des attentats tapissiers contre les portiques de péage. La Sûreté veille. Une nouvelle affaire de Tarnac est redoutée.

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