Lettre au PDG de Titan
Le 22 février 2013 Cher Monsieur Taylor, Je viens juste de rentrer en France après un voyage d’affaires de plusieurs minutes dans ma salle de bain, je vous prie donc d’accepter toutes mes excuses pour ne pas avoir répondu à votre lettre datée du 8 février 2013. Je comprends votre pensée et le fait que votre conseil...
Dis papa, si elle est malade la planète, c’e...
- Tu vois, mon fils, c’est un petit peu plus compliqué que ça… Bon d’accord, certes, je n’ai pas d’enfant, mais avouez qu’il aurait pu me la poser, cette question. C’est une interrogation qui nous habite tous plus ou moins : la place des êtres vivants sur cette planète, celle de l’humain...
Les nouveaux chiens de Garde disponible en DVD
» « Il n’y a pas d’alternative au désendettement de l’État. » nous dit Nicolas Baverez. « Il est des réformes incontournables sur lesquelles il ne devrait pas y avoir de débats » nous raconte Le Cercle des économistes. Les nouveaux Chiens de garde sont toujours là. Fidèles à leur niche, ils justifient...
François Hollande et le panurgisme pour tous
6 mai 2012. François Hollande, vient d’apprendre qu’il est élu président de la république française. Il réunit dans le plus grand secret au siège du Parti Socialiste, rue de Solférino, ses plus proches conseillers, quelques intimes de longue date, son futur premier ministre et quelques futurs membres du gouvernement. Il prend la parole.
« Mes amis,
Après 10 ans de la droite au pouvoir, nous allons reprendre les rênes du pays. Le changement, c’est maintenant, et moi président, j’entends relever la nation et changer le cours de l’histoire.
Depuis l’après guerre, nous avons laissé la finance internationale se développer à outrance. Les banques centrales sont devenues les nouveaux dieux de l’économie. Coca-Cola est un meilleur investissement sur les marchés que la France. Notre dette a explosé entre la fin des années 70 et aujourd’hui, et ce n’est plus tenable.
Je propose que nous nous attaquions à ce problème en priorité. Notre système d’endettement est tellement complexe que même Bercy – j’ai des contacts avec des gens qui nous ont soutenu là-bas – a du mal à y voir clair.
Une bonne part de cette dette est très probablement le fait de contrats publics plus que contestables, pendant de nombreuses décennies. A-t-elle été contractée dans l’intérêt des citoyens français ? J’ai des doutes et nous allons devoir étudier et décortiquer cette question. Dans le cas contraire, si par exemple nous trouvions des preuves de corruption, nous ferons appel à la notion de dette odieuse, comme l’ont fait l’Equateur, mais aussi les USA avec la dette de Saddam en Irak. S’il nous est possible de prouver que nous n’avons pas à payer, alors moi président, nous le ferons.
Il nous faudra pour cela mobiliser les forces vives de la nation. Des comités pour l’audit de la dette existent, et nous nous appuierons sur eux, comme sur les universitaires, les écrivains, et les philosophes politiques, et toutes les bonnes volontés en action dans la société civile.
Nous n’avons que trop fait reposer nos projets sur les propositions des lobbys bancaires et des multinationales. Regardez où cela nous a conduit : La dette française dépasse la barre des 90% du PIB, et les actifs de BNP Paribas dépassent le PIB de la France. Cette situation n’est plus tenable.
Nous allons devoir dire ces vérités aux français, et ce ne sera point chose aisée. Mais je crois en la sagacité des citoyens de ce pays. C’est notre Descartes qui disait que “le bon sens est la chose du monde la mieux partagée”, et bien que nombre de nos concitoyens n’aient pas comme nous fait l’ENA, ils n’en sont pas moins aussi concernés que nous, et doués d’un sens critique non moins pertinent.
Les équipes du président sortant n’ont cessé de mentir aux citoyens. Allumer des contre-feux médiatiques pour dissimuler derrière un écran de fumée télévisuel les problèmes réels. Ils ont tapé sur les musulmans sans relâche, nourrissant l’amalgame permanent de l’Islam égal intégrisme. Ils se sont acharnés sur les roms et les populations les plus faibles, divisant le pays pour mieux régner, appliquant à la lettre les principes politiques les plus contestables des heures les plus sombres de l’histoire de l’Europe. Ils ont contribué par pure tactique électorale à faire grossir les rangs de l’extrême droite, avec le succès dramatique et périlleux nous savons.
Cela se termine ici. S’en est terminé des écrans de fumée. Les problèmes sociétaux passeront au second plan des enjeux vitaux pour le corps social. Nous ferons voter le mariage pour tous, le droit de vote des étrangers, certes, mais cela se fera sans passion exagérée, sans outrance médiatique, et dans un laps de temps raisonnablement court. Nous ne nourrirons pas les médias de fausses polémiques qui – l’UMP nous l’a montré – sont autant d’abrutissements stériles et bien peu respectueux des Droits des citoyens.
Ce sont les citoyens qui doivent se saisir de l’agenda médiatique, et ils nous le disent clairement : le chômage, le mal logement, l’accroissement de la pauvreté sont les principaux moteurs de leur peur de l’avenir. C’est à cela que nous devons nous attaquer. Si nous additionnons les demandeurs d’emploi, les travailleurs pauvres occasionnels, et ceux qui n’ont plus aucun droit, en intégrant l’outre-mer, il y a plus de 9 millions de chômeurs en France. C’est énorme. Il nous faut ouvrir un grand débat national sur la refonte du marché du travail. Et il y a un vrai problème endémique de mal logement pour des centaines de milliers de français. Nous devons nous attaquer à ce drame en urgence, changer la législation totalement excessive sur les conditions délirantes de location. Un chômeur n’aurait pas le droit de se loger dans notre pays ? Cette situation ne saurait durer.
Les entreprises n’ont plus accès au crédit, alors que les banques n’ont jamais été aussi riches. Il nous faudra les attaquer de front et leur faire courber l’échine, ce n’est qu’a ce prix que nous repriseront un tissu économique plus que dégradé. Notre ennemi c’est la Finance, il a des noms très précis, nous les connaissons fort bien, et il a des visages, que nous ne’identifions que trop. Qu’attendons nous ?
Certes, nous nous mettrons à dos une belle part de l’oligarchie, mais ces ultra-riches qui défiscalisent dans les paradis fiscaux n’auront plus leur mot à dire tant que leurs fortunes fiscalement évadées ne reviendront pas servir l’économie réelle. Plus de 600 milliards d’actifs échappent à l’impôt en France – 80 milliards par an – et cette situation n’est plus tenable. Une de nos premières mesure sera l’embauche de milliers d’inspecteurs des impôts, nous ferons collaborer les services, mobiliseront jusqu’à la DCRI pour aller débusquer ces fraudeurs criminels s’il le faut. Les USA le font bien avec l’IRS, pourquoi pas nous ? Sommes nous moins de gauche ?
Il nous faudra nous attaquer aux conflits d’intérêts entre l’état et les grands groupes qui vivent de marchés publics colossaux et qui détiennent également quasiment tous les médias du pays. Regardez ce qu’a fait madame Kirchner dans son pays en s’attaquant à Clarín. Sommes-nous moins le pays de la liberté de la presse que l’Argentine ?
Laisserons-nous les multinationales venir bénéficier d’allègements fiscaux exorbitants, voir carrément de subventions publiques, puis transformer le pays en un vaste champ de prédation spéculative, vendu bout par bout à la découpe ? Laisserons-nous les Mittal et autres Arnault faire leur fortune en aides de l’état et en spéculation boursière sur le dos des honnêtes gens qui ne demandent rien de moins que d’exercer leur savoir faire ? Mes amis, je ne le crois pas.
Des oligarques européens veulent nous imposer l’austérité comme inéluctable. Pourtant preuve a été faite que le FMI s’est trompé lourdement dans ses calculs. Une enquête est en cours contre Eurostat, accusée d’avoir artificiellement gonflé le déficit grec en 2009 pour justifier l’austérité. Ces attaques incessantes – et les puissances de l’argent avancent masquées – doivent être dévoilées aux citoyens. Les français ont le droit de savoir ce qui se joue en coulisses. La volonté parasite des multinationales et des organismes financiers de privatiser le Bien commun, l’eau, les transports, la santé, l’éducation, au bénéfice de peu mais au détriment de tous, doit être connue de chacun.
Ce ne sera pas chose aisée, je le répète, mais nous dirons la vérité aux français sur l’état du pays. Nous solliciterons leur concours. La télévision posera les vraies questions de fond à l’attention des citoyens. Nous organiserons de grands débats publics dans les communes, les départements, les régions, sur Internet, où chacun pourra avancer ses idées. La France doit se nourrir des français, mes chers amis. Nos compatriotes ne seront plus des hamsters en train de courir dans la roue de leur cage devant cette boite à cons qu’est devenue la télévision.
Moi président, le panurgisme pour tous, c’est ter-mi-né. »
Read MoreCatastroïka – Liquidation totale de la Grèce
Et la privatisation devient publique…
Aris Chatzistefanou et Katerina Kitidi, les créateurs de Debtocracy, documentaire vu par plus de 2 millions de spectateurs, reviennent avec une nouvelle production. Catastroïka cherche les conséquences de la liquidation totale de la Grèce.
Révisant des exemples de privatisations dans des pays développées, Catastroïka essaie de prévoir ce qui va se passer si le même modèle s΄applique à un pays sous surveillance économique.
Le documentaire, présenté par ses réalisateurs comme une source alternative d’information, revient sur les effets des privatisations dans plusieurs pays développés et sur ce qui attend la Grèce. Le pays est, en effet, sommé par la Troika (BCE/UE/FMI) de lancer un programme de privatisations afin d’alléger le poids énorme de sa dette. Les parts détenues par l’Etat dans les compagnies des eaux (Eydap-Eyath), pétrolière (Helpe), des Jeux (Opap), du groupe gazier (Depa) ont déjà commencé à être cédées à des groupes privés.
Le processus de privatisation est décortiqué par les journalistes. Selon eux, tout commence par une attaque du gouvernement et des médias contre les fonctionnaires, accusés de tous les déboires financiers du pays. Ensuite, les organismes publics sont volontairement laissés à l’abandon par l’Etat. Qui, enfin, vend ces entreprises publiques à un prix sous-évalué.
En Russie post-soviétique, en Allemagne de l’Est lors de la réunification, en Grande-Bretagne sous Margaret Thatcher, cette « méthode » a conduit à l’explosion du chômage et à une baisse de la qualité des services proposés.
La Grèce, rat de laboratoire de l’Europe?
Interrogé dans le documentaire, Naomi Klein, journaliste canadienne, auteure de « la stratégie du choc » estime, quant à elle, que « ces politiques de libéralisation de l’économie ne sont pas liées à la démocratie. C’est des politiques qui ont été menées initialement par des dictatures », notamment par Augusto Pinochet au Chili. Dès lors, la thèse défendu dans le film est que la crise financière nuit gravement à la démocratie.
Le philosophe Slavoj Zizek, lui, soutient que la Grèce est utilisée comme un rat de laboratoire pour le reste de l’Europe dans les domaines financier et politique. Un nouveau type de gouvernement d’apparence démocratique, mais en réalité autoritaire, est testé en Grèce. Les politiciens soumis aux puissances financières mettent en place des mesures catastrophiques pour les peuples et brident leur capacité à se soulever. Luis Sepulveda et Ken Loach interviennent aussi dans le documentaire.
D’après les auteurs du film, le manque de volonté politique contribue à la destruction des services publics. Car, les privatisations répondent moins à des exigences économiques qu’à des positionnements idéologiques. Ainsi, rappellent-ils, la gestion de l’eau, à Paris, avait été confiée sous Jacques Chirac à un duopole, Suez et Veolia. Au changement de majorité à la mairie en 2001, la gestion est redevenue publique et les prix ont baissé.
Le message final adressé au peuple grec par les intervenants: « Résistez »!
Sources :
- Télécharger la vidéo originale (VO – 1,6 Go)
- Télécharger les sous-titres en grec, anglais, espagnol, italien, portugais, bulgare, croate
- http://www.catastroika.com
- OkeaNews
- L’Express
- Boss, comment on va faire pour le fric ?
Le texte qui suit étant une pure fiction, toute similarité avec la réalité serait totalement fortuite.
- Boss, comment on va faire pour le fric ?
- Comment ça, comment on va faire ? On va faire comme d’habitude.
- Ah bon, mais on fait comment d’habitude ?
- Et bien tu vois Jean-Kévin, c’est pourtant simple. Je vais t’expliquer.
- Ah je veux bien, Boss, je vous avoue que là je suis un peu perdu.
- Justement Jean-Kévin, heureusement on ne t’a pas attendu, on s’est organisé avec John-François, Alban-Bernard, Saul-Adam, et Jack-Pipper.
- Super Boss, mais je croyais que c’était nos banquiers et nos concurrents eux.
- C’est le cas, Jean-Kevin, mais on va souvent pécher au gros au large ensemble à La Barbade ou skier à Aspen, on se connaît bien, on s’est un peu organisé, tu comprends ?
- Pas trop, Boss, mais si vous le dites, Boss, moi je vous crois.
- L’argent ce n’est pas vraiment le problème, tu sais. C’est juste un truc symbolique pour remplacer le troc. La vrai question c’est qui fabrique l’oseille, et qui le distribue, dans quelles conditions.
- Ben c’est les pays qui fabriquent leur argent, Boss, si j’ai bien compris. La France fabrique ses francs, les USA fabriquent le Dollar, non ?
- C’est ça Jean-Kévin. C’est ça. D’ailleurs c’est tellement ça qu’il fallait que ça change. Avec John-François, Alban-Bernard, Saul-Adam, et Jack-Pipper, on a eu une idée géniale.
- Ah ouais, Boss, j’imagine qu’à vous quatre, ça a du imprimer sévère.
- Tu imagines bien, Jean-Kévin, tu imagines bien, et tu ne crois pas si bien dire. Je t’explique le truc, tu te coucheras moins con.
- Merci Boss.
- T’as compris que les pays fabriquaient leur pognon, et ça c’est un problème. Du coup, pour nous qui sommes banquiers et patrons de multinationales, c’était un peu la galère, on était obligé de manger dans la main des hommes politiques.
- Ben oui Boss, mais bon, ils sont pas trop difficiles à acheter, non? Il suffit de financer leur campagne, de leur refiler des mallettes.
- Oui, on a fait longtemps comme ça, mais non seulement il y a toujours des emmerdeurs qui refusent les vacances aux Bahamas, et en plus, ça tourne souvent la politique, c’est jamais les mêmes, et nous, tu comprends Jean-Kévin, on a besoin de stabilité et de faire de plus en plus de fric.
- Ah oui Boss, ça je comprends. Mais du coup, on fait ça comment ?
- Toi tu fais rien, Jean-Kévin. Tu te tais, tu écoutes, et je t’explique. C’est du grand art, alors connecte un peu tes neurones.
- J’essaye Boss, j’essaye.
- Tu vois, le truc c’est que l’argent est émis par les banques centrales des états. Donc on a commencé par financer les grandes écoles pour former des mecs avec nos idées, puis on a mis ces mecs à nous partout dans le système. Ça c’était pas trop difficile.
- Et personne n’a rien dit ?
- Ben tu sais Jean-Kévin, pour faire ça, il a suffit d’une bonne crise financière. On a planqué tout le fric dans des paradis fiscaux, on leur a dit que tout s’était évaporé, que c’était la merde, et que les gens n’auraient plus rien à bouffer. Quand les gens risquent de crever la dalle, quand ils ne peuvent plus retirer de fric au distributeur, c’est la panique. Et quand c’est la panique, ils arrêtent de réfléchir.
- Ah bon chef, mais vous avez fait comment ?
- Ben on leur a foutu une trouille monstre. On a expliqué à leurs dirigeants que pour éviter les crises monétaires, il fallait laisser les pros gérer. Et les pros, c’est nous. On leur a présenté deux solutions à notre avantage, et comme ils étaient en panique ils ont choisi la moins pire.
- Mais Boss, les politiques ne vous ont pas collé l’affaire sur le dos, pour la crise ?
- Au début, ils voulaient, sous la pression de l’opinion. Mais on leur a refilé des jobs, on a embauché leur mômes, leurs femmes, on leur a fait des chèques, on leur a refilé des cadeaux, on leur a promis des postes après leurs mandats électoraux. On leur a soufflé que nos idées venaient d’eux. On a trouvé des solutions pour s’entendre.
- Ah ouais, c’est malin ça, Boss. Mais les gens ils ont rien dit ?
- Ben tu sais Jean-Kévin, les gens ils vont voter, et puis quand c’est fait, ils s’en remettent au mec élu. Ce qui fait qu’au lieu d’avoir à enfumer tout le monde, on a juste eu à enfumer les têtes de gondoles.
- C’est balèze ça, Boss.
- Et du coup, les mecs élus nous ont refilé le mandat pour gérer leur pognon.
- Vous avez pris l’argent Boss ?
- Mais non, t’es con Jean-Kévin. On s’en fout de l’argent. Ce qui nous intéresse, c’est de leur coller des dettes au cul.
- Ah bon Boss ? Je comprends pas là.
- Ben c’est simple Jean-Kévin. T’es vraiment une grosse buse. Si on prend l’argent, ça se voit, et ça gueule. Donc au lieu de ça, on leur a prêté le pognon avec des intérêts.
- Ah ouais Boss, ça veut dire qu’au lieu d’utiliser leur propre fric, ils vous en empruntent à vous avec intérêts. Mais les gens se sont rendus compte de rien ?
- Ça c’était pas évident, j’avoue. Il a fallu ruser. On a noyé tout ça dans des tonnes de papiers. On a fait bosser les milliers de mecs qu’on avait formé à nous pondre des textes tellement compliqués que personne ne pouvait les lire.
- C’est futé, ça, Boss.
- Ben justement, comme eux ils le sont pas trop, ils n’ont rien lu, et ils ont tout signé, les cons, et ils se les sont appropriés, ça leur faisait un truc à dire pour la télé.
- Trop fort Boss.
- Et comme du coup on a dégagé des marges colossales, on a redistribué les miettes du gâteau pendant quelques années. Les miettes, elles étaient tellement grosses que les mecs arrivaient plus à avaler. Et du coup, c’était tellement bon qu’ils sont tous devenu accrocs.
- Et ça marchait comment ce truc ?
- Ben c’est assez simple. Saul-Adam et Jack-Pipper, quand ils ont eu récupéré toutes les réserves de pétrole et de gaz du monde, ils ont fabriqué des merdes avec. Puis ils ont vendu ces merdes à crédit à tout le monde, aux états, aux citoyens.
- Et le bénef des crédits, c’est pour nous. j’ai pigé ! Mais quoi comme merde, Boss ?
- Bah des armes de guerre, des trucs nucléaires, des trucs chimiques, tout un tas de trucs à crédit, et surtout on leur a vendu des bulles avec rien dedans, genre des crédits immobiliers insolvables. On a leur a même vendu des crédits tellement pourris que toutes les villes de leurs pays sont surendettées maintenant.
- Et personne a rien dit ?
- Bah, il y a quelques mecs qui ont pigé la combine, mais bon, on les a empêché de parler.
- Mais comment on fait ça Boss, on peut pas vraiment les empêcher d’écrire ou de parler. Vous les avez quand même pas zigouillés ?
- Mais non, abruti. C’est beaucoup plus simple que ça. John-François et Alban-Bernard ont acheté la plupart des chaînes de télé, tous les journaux, tous les magazines, toutes les radios. Comme ça on a juste eu à contrôler qui on laissait parler en public.
- Ah ouais, ça c’est fort, Boss. Vraiment très fort.
- Attend c’est que le début, mon petit Jean-Kévin. Ensuite, on leur a refait le coup de la crise, comme on avait fait en 1909, quand ils nous ont refilé la Banque centrale américaine à gérer. Puis on a recommencé en 1929, et on a enchaîné sur une bonne guerre, qui nous a permis de leur vendre toutes nos merdes militaires, nos chars, avions, canons. On ne s’est jamais autant gavé de fric qu’en envoyant du bétail sous nos bombes.
- Mais on ne vous a rien dit ?
- Évidemment non, on a vendu du pétrole, de l’acier et nos technologies aux deux parties. Ça mettait tout le monde d’accord.
- Et ils ne vous ont rien reproché, Boss ?
- Même pas un coup de fil. Ils étaient trop occupé à se partager le gâteau. Les vainqueurs sont même venus nous dire merci.
- Sont cons quand même un peu Boss, non ?
- Ben heureusement Jean-Kevin, sinon il y a longtemps qu’ils nous auraient chopés.
- Évidemment Boss, évidemment.
- Donc là, on leur a soufflé de créer des supers Banques centrales, comme en Europe avec la BCE. On a mis des mecs à nous évidemment, et ensuite on a fait ce qu’il fallait faire.
- Et il fallait faire quoi Boss ?
- T’es vraiment con comme une valise sans poignée Jean-Kevin. Il fallait leur vendre nos merdes à crédit avec des intérêts tellement chers qu’à la fin ils ne peuvent plus payer.
- Ah ouais…
- Et comme ils ne peuvent plus payer, on leur refait des crédits encore plus chers.
- Et ça s’arrête jamais, Boss ?
- Non, ça ne s’arrête jamais. C’est le but, cornichon, réfléchi. De temps en temps, on leur refait le coup de la crise.
- Ça marche à tous les coups, ça Boss, on dirait.
- Ouais, c’est imparable. Ils sont tous paniqués. On a refait le coup du choix des solutions, qu’on a partagé entre les deux partis politiques les plus importants. Mais au final, c’est toujours nos solutions qui marchent.
- C’est génial Boss. Mais à force, ils ne vont pas piger le truc ?
- Ben tu sais, Jean-Kévin, il y a une bonne vieille règle qu’on applique au pied de la lettre. Quand un mec crève la dalle, il arrête de réfléchir. Quand un mec est crevé parce qu’il a trop bossé, il arrête de réfléchir.
- Ça j’avais constaté Boss, ça m’arrive aussi à moi.
- Tu vois Jean-Kévin, c’est pour ça que c’est moi le Boss, et pas toi.
- Et maintenant, Boss, on fait quoi alors ?
- Pour éviter qu’ils percutent avec leur saloperie d’internet et tout ça, on va les paniquer encore plus.
- Et on fait ça comment, Boss ?
- Ben c’est simple. On leur dit que c’est la maxi-crise, et on leur fout les jetons avec la sécurité, l’immigration, on leur raconte des histoires lugubres, on les inonde de faits-divers dégueulasses.
- Ah ouais, comme à la télé, Boss.
- T’es con Jean-Kévin, c’est justement nos télés et nos médias qui font ça.
- Ah ben oui, je suis con, Boss, c’est vrai que j’y avais pas pensé.
- C’est pas trop ton truc de penser, Jean-Kévin. Essaye pas tu vas te faire du mal.
- Ok Boss.
- Donc on leur raconte des histoires qui foutent la trouille, histoire qu’ils fantasment, qu’ils flippent. L’idée c’est qu’ils aient tellement peur de perdre ce qu’ils ont déjà qu’ils acceptent tout ce qu’on leur refile à avaler.
- C’est possible, ça, Boss ?
- Oh oui, crois moi. On fait pareil avec la politique. On leur raconte des histoires, on occupe les médias avec des conneries, et pendant ce temps là, nous on continue d’encaisser.
- Mais ils vont pas finir par piger le truc, Boss, surtout qu’ils sont de plus en plus nombreux ?
- Pour ça, Jean-Kévin, on a des solutions.
- Ah ouais Boss, vous avez trouvé des solutions ?
- Ben oui, Jean-Kévin, on les oblige à tout privatiser, comme ça plus rien ne leur appartient. Enfin on les oblige. Non, plutôt on leur fait croire que c’est la seule solution, et même que c’est la leur.
- Et ça marche ?
- Si tu suivais un peu, Jean-Kevin, t’aurais pigé qu’ils n’ont pas vraiment le choix. Du coup, comme on privatise tout et qu’on les exploite, ils ne peuvent plus bosser, or sans argent ils ne peuvent plus lire, se cultiver, et donc réfléchir.
- C’est l’ennemi ça, la culture, Boss, un peu non ?
- Évidemment. On privatise aussi les écoles, comme ça ils ne peuvent plus scolariser leurs gosses, qui grandiront cons comme des enclumes et viendront pas marcher sur nos pelouses, ni faire chier nos mômes à nous qu’on protège dans des supers écoles hors de prix. On fait pareil avec les hôpitaux et la santé, comme ça ils sont tellement malades qu’ils peuvent plus gueuler, et surtout ils vivent moins longtemps.
- Et ça marche, Boss ? Ils sont pas trop dégoûtés ?
- Il y en a quelques millions qui gueulent de temps en temps, mais pour le gros du tas, on les occupe autrement, on leur raconte une jolie histoire de mariage de princesse, exactement comme dans les contes de fées. Ça les occupe, ils ont l’impression d’être heureux par procuration. Ça leur fait passer la pilule.
- Ah ouais c’est hyper vicieux Boss.
- Ben tu sais Jean-Kévin, on ne devient pas multimilliardaire en faisant des cadeaux, et je sais de quoi je parle.
- Et ensuite Boss, la prochaine étape c’est quoi ?
- Et bien la prochaine étape, Jean-Kevin, c’est que comme leurs États sont surendettés, on leur dit qu’on a perdu confiance, nous, enfin là on s’appelle les marchés financiers, tu vois. Puis on augmente les taux d’intérêt auxquels leurs États peuvent nous emprunter le pognon sur les marchés obligataires, et hop, ça augmente encore leurs dettes publiques. Et puis, on leur propose comme solution de tout privatiser, en particulier des services d’intérêt général, du coup on leur dit qu’en échange la confiance des marchés va revenir, et qu’on baissera les taux d’intérêt, et que ça réduira leurs dettes.
- Vous n’allez pas vraiment le faire, Boss ?
- Évidemment que non, crétin.
- Et c’est quoi la prochaine étape, Boss, alors ?
- La prochaine étape, Jean-Kévin, c’est que t’es viré, et que je vais m’économiser ton salaire aussi.
- Ah bon, moi aussi, Boss ?
- Ouais, toi aussi Jean-Kévin. Mais comme je suis pas un salaud, je t’offre une télévision pour ton départ, comme ça la suite, tu pourras la regarder dans le poste.
- Merci Boss. Vous êtes vraiment trop bon.
- De rien, Jean-Kevin, de rien…
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Read MoreNotre-Dame-des-Landes : un projet de 1967 pour répondre aux défis de notre temps
Bon, c’en est assez. Moi ça me fait peine. Beaucoup trop de contre-vérités sont énoncées quotidiennement sur l’affaire de l’Aéroport Grand-Ouest, outrageusement raccourci en NDDL par les supporters de la bande de squatteurs basanés polygames crypto-anarchistes néo-staliniens qui ne se lavent même pas tous les jours. Il est peut-être temps de prendre UN PEU de hauteur, de dépassionner le débat, et de ramener UN PEU de sérieux sur ce sujet de haute voltige.
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Un peu d’histoire(s)
Le site de Notre-Dame-Des-Landes fut choisi en 1967 (selon les normes européennes environnementales et de préservation de la biodiversité qui devaient à l’époque déjà probablement être les mêmes qu’aujourd’hui) par le Service technique des bases aériennes, puis validé en 1970 par le Comité Interministériel d’Aménagement du Territoire (CIAT) pour remplacer “Nantes Atlantique” existant déjà à l’époque, notamment pour y développer le fret, et aussi un peu pour pouvoir accueillir fièrement le tout nouveau Concorde. Mais si, vous savez, cet avion qui a eu un petit souci le 25 juillet 2000, tuant 113 personnes, et qui ressemblait à un burn-out de cigogne sous extasy avec une paire de Ray-Ban.
S’il semble aujourd’hui – mais je m’avance peut-être un peu – que le projet n’accueillera finalement pas le Concorde, dès mai 1967, les autochtones les plus civilisés pouvaient déchiffrer dans la presse locale avec leurs quelques rudiments de langue française que “La métropole Nantes – Saint Nazaire pourrait devenir le Rotterdam aérien de l’Europe par la création d’un aéroport international de fret au nord de la Loire”. Les hommes politiques et leurs experts avaient parlé. Et tout le monde sait ça, ils tiennent toujours leurs promesses.
En 1971, une vague histoire de choc pétrolier mit semble-t-il un peu de sable d’embargo de pays arabes de l’OPEP dans le moteur du projet de nouvel Aéroport à Notre-Dame-Des-Landes. Mais aujourd’hui, comme ces problèmes de pétrole sont définitivement derrière nous, ne vous inquiétez pas, l’histoire peut reprendre son cours.
Après quelques années de trafic stagnant, dans les années 80 la CCI qui gérait Nantes Atlantique posa la question totalement saugrenue de construire une nouvelle piste perpendiculaire à l’existante, qui eût permis aux avions de ne plus survoler Nantes. C’était sans compter sur l’avis du Conseil général de l’époque qui considéra qu’importaient peu trajectoires rectilignes, sens des vents dominants, et beaucoup moins de nuisances sonores sur la population : “Faisons au plus simple, de toutes façons, après, il y aura Notre-Dame-des-Landes”.
La solution retenue par les experts fut donc de prolonger la piste existante, très mal orientée selon les pilotes et par voie de conséquence selon les riverains qui ne comprennent décidément rien aux expertises des experts agréées par des hommes politiques experts dans l’art d’agréer les experts des expertises.
Les mêmes experts de prévisions de trafic de l’époque annonçaient donc entre 5 et 9 millions de passagers pour l’an 2000, et puisqu’ils ne se trompent jamais comme vous l’avez compris, l’aéroport de Nantes Atlantique en accueille aujourd’hui 3,2 millions par an.
Heureusement, en 2000, sous le gouvernement Jospin, parce qu’on peut être de gauche et moderne, le projet ressortit enfin des cartons.
Mieux qu’un aéroport de fret, un aéroport international ! Il remplacerait l’existant, dont le fonctionnement serait cependant maintenu partiellement pour l’usine d’Airbus voisine, qui expédie ses pièces détachées par avion mais, heureusement pour les riverains, ne fait jamais décoller les siens. Quel rêve merveilleux pour les hommes politiques locaux de s’imaginer accueillir à bras fiscaux ouverts les hommes d’affaires du monde entier apportant la croissance et la mondialisation dans leurs valises en descendant de gros aéronefs sur deux pistes neuves ! Et quel argumentaire économique merveilleux pour un programme de réélection à un mandat local ! Faire décoller et atterrir des avions c’est un peu magique non, vous ne trouvez-pas ?
L’actuel aéroport de Nantes Atlantique
La France compte plus de 156 aéroports (475 en comptant les aérodromes), contre 45 en Allemagne(102 avec les aérodromes) et 160 en Grande-Bretagne (357 avec les aérodromes) [NDLR chiffre corrigé, merci aux lecteurs]. S’il faut bien qu’on les batte sur quelque chose, c’est fait.
L’aéroport actuel de Nantes Atlantique s’étend sur 320 hectares. Sa piste mesure 2 900 mètres par 45 mètres, et a été bétonnée en 1939, parce que l’herbe, c’est quand même plus pratique pour jouer au golf que pour faire atterrir mamie qui rentre des Seychelles. Cette piste permettrait d’absorber 35 avions par heure, même s’il n’y en a que 10 à 12 actuellement, mais c’est un argument de gauchiste en tongs pas rasé.
Le décret n° 2001-705 du 31/07/2001 a inscrit l’aéroport de Nantes Atlantique parmi ceux sur lesquels l’Autorité de Contrôle des Nuisances Sonores Aéroportuaires (ACNUSA) a des compétences élargies (10 aéroports en France). Traduction : il casse les oreilles de 42 000 personnes, mais comme le nouvel aéroport est en projet, on ne va surtout pas construire une nouvelle piste orientée correctement, ni même régler les questions de gestion du trafic aérien.
Forcément, il a toujours un collectif de crypto-anarchistes pilotes de lignes doutant de la pertinence du projet de Notre-Dame-des-Landes pour affirmer que “30 % des avions qui survolent le centre-ville pourraient l’éviter en passant par le sud de l’agglomération”. Comment croire Thierry Masson, cet officier-pilote de ligne de 50 ans basé à Nantes qui a tout du conspirationniste notoire quand il déclare : “Deux tiers du trafic transitent par le sud-est de l’agglomération. J’aimerais bien savoir pourquoi, en arrivant de Limoges, de Poitiers ou de Bordeaux, il faut faire un détour par le nord-est de l’agglomération et survoler le centre de Nantes.”
Par sa superficie, Nantes Atlantique a déjà la dimension d’un aéroport international.
En 2011, pour 60 800 mouvements (les décollages/atterrissages sont un peu les pompes/abdos du contrôleur aérien) l’aéroport à reçu 3,2 millions de passagers.
Sa surface est moitié de celle de l’aéroport Gatwick à Londres, qui, par comparaison, assure 280 000 mouvements par an et reçoit 31 millions de passagers, et quasi-égale à celle de l’aéroport de San Diego, en Californie (USA) qui voit passer annuellement 223 000 mouvements et achemine 17 millions de passagers. L’aéroport de Genève, qui ne possède qu’une seule piste, accueille 10 millions de passagers par an, 170 000 mouvements d’avions, et occupe 340 hectares.
En fait, ce qui sature un aéroport ce n’est pas le nombre de passagers mais bien évidemment le nombre de décollages/atterrissages, et sur ce point Nantes Atlantique est passé de 54 858 mouvements en 2007 à 60 800 mouvements en 2011. En suivant cette courbe, Nantes Atlantique devrait atteindre les 200 000 mouvements en 2750 après la troisième apocalypse, quand Nantes sera devenue la capitale du monde.
Du coup, Nantes Atlantique a reçu le trophée ERA Award 2011-2012 du meilleur aéroport européen, ce qui est donc une excellente raison pour en construire un nouveau.
Cerise on the cup-cake, il y a donc une usine Airbus en bordure de la piste de Nantes Atlantique qui emploie 2 300 salariés à la fabrication notamment des radômes (extrémités avant des avions) et des caissons centraux de voilure de toute la gamme Airbus, pièces qui partent pour assemblage à bord du Beluga, l’avion-cargo d’Airbus. Que se passera-t-il pour Airbus si Nantes Atlantique ferme ? Airbus ne va quand-même pas délocaliser sa production ? La piste serait donc privatisée pour son bénéfice ? A moins – idée lumineuse – qu’on refile l’un des aéroports européens les mieux notés aux bons soins de Vinci, qui saura bien en faire quelque usage rentable : les bâtiments de l’aéroport seront peut-être transformés en skate-park, en agence Pôle-Emploi, ou en crèche pour les futurs pilotes de ligne.
“Un aéroport qui réponde aux défis de notre temps”
(Jean-Marc Ayrault)
Suite à une enquête d’utilité publique conclue fin 2006, la Commission d’enquête remit en avril 2007 un rapport au préfet de la région Pays de la Loire.
C’est M. Bernard Boucault qui était à l’époque préfet de la région Pays de la Loire. Il avait à peine eu le temps de lire le rapport et de reconnaître le projet d’utilité publique qu’il fut nommé en juin 2007 directeur de l’ENA, Le 30 mai 2012, il fut nommé préfet de police de Paris. Comme quoi même faire les grandes écoles n’empêche pas de finir au poste.
M. Bernard Hagelsteen lui succéda le 20 juin 2007 au double poste de préfet de la région Pays de la Loire et préfet de la Loire-Atlantique. Une carrière à talonnettes que celle de M. Bernard Hagelsteen : en 1984 il devint secrétaire général de la préfecture des Hauts-de-Seine, puis obtint entre 1989 et 1992 le poste de directeur de la police générale à la préfecture de police de Paris, et plus récemment celui de secrétaire général du Comité interministériel de prévention de la délinquance. Proche collaborateur du ministre de l’Intérieur de l’époque, un certain Nicolas Sarkozy, Bernard Hagelsteen avait eu pour tâche de préparer et de défendre la loi sur la prévention de la délinquance, promulguée en mars 2007.
Un mois après l’élection de Nicolas Sarkozy, nommé préfet de la région Pays de la Loire et préfet de la Loire-Atlantique, il héritait donc du dossier du décret d’utilité publique de l’aéroport.
Ce fameux décret d’utilité publique (DUP) est finalement publié le 10 février 2008, suite à une enquête d’utilité publique pour laquelle 63 % des contributions recueillies par les sept enquêteurs étaient opposées au projet. Mais comme on arrête pas le progrès, l’enquête s’est quand même avérée suffisamment positive pour prendre un DUP, même si sur les sept enquêteurs qui ont fait le travail, deux ont abandonné leur position avant la fin des travaux de la commission d’enquête.
Et puisque la mode était à un truc médiatique appelé Grenelle de l’environnement, le décret comportait la réserve que cet aéroport soit de haute qualité environnementale (norme HQE).
Contesté par la suite devant le Conseil d’Etat, ce décret sera confirmé en 2009 et en 2010.
Un esprit mal tourné pourrait s’indigner de ce que la présidente de la section des travaux publics au Conseil d’Etat fût Mme Marie Dominique Monfraix, épouse du préfet Bernard Hagelsteen en charge du décret en question, alors qu’il s’agit bien évidemment du fruit du hasard. Un hasard qui valait bien que Mme Monfraix-Hagelsteen fût élevée au grade de Commandeur de la Légion d’honneur le 13 Juillet 2009, ce qui n’a strictement rien à voir, nous ne salirons pas ici la mémoire une femme irréprochable, décédée depuis.
Hasard total également si son époux désormais veuf monsieur Bernard Hagelsteen a pris sa retraite le 1er décembre 2011 pour devenir non pas conseiller à la Cour des comptes comme il l’avait annoncé initialement, mais conseiller auprès du DG de Vinci Autoroutes, puis responsable des péages pour ASF, filiale de Vinci. Vinci en charge du projet du nouvel aéroport. Tout ne peut pas être dramatique, le hasard fait parfois bien les choses, n’en déplaise à la loi dite de pantouflage concernant les représentants de l’État.
Les projets d’optimisation de l’aéroport existant de Nantes Atlantique n’ont pas été déposés, les solutions alternatives n’ont pas été étudiées : aucun intérêt, puisqu’on fait l’aéroport Grand Ouest de NDDL. Quand au Grenelle de l’environnement, qui préconisait l’étude de solutions alternatives pour les projets à fort impact environnemental, c’est de toute façon aujourd’hui un truc complètement dépassé, d’ailleurs on en parle même plus à la télévision. J’en ai discuté avec un lobbyiste du bétonnage pas cher, on vous jure mordicus que la norme HQE ça sert à rien.
Alors certains viendront braire que la vraie motivation pour ce projet en 2000 a été de faciliter une opération de rénovation urbaine importante dont une partie se situait dans le périmètre des nuisances sonores de l’actuel aéroport. Et vont s’imaginer que pour ne pas s’embarrasser de contraintes d’insonorisation trop coûteuses, on préfère se débarrasser de l’aéroport et en construire un nouveau.
Et pourquoi pas aussi fantasmer sur les prétendus appétits financiers des prétendus lobbies du BTP, tout ça parce que le Président et le Directeur général de VINCI ont pu faire ensemble quelques voyages au Cambodge avec M.Thierry Mariani.
Écoutez plutôt Jean-Marc Ayrault, un homme qui a eu une vision prophétique de la magnificence de Nantes et lui souhaite “un aéroport qui réponde aux défis de notre temps”. Mais si, vous savez, Jean-Marc Ayrault, l’homme qui a réussi à rendre François Fillon charismatique : ancien maire PS de Nantes depuis 1989, ancien député, ancien président du groupe socialiste, il est aujourd’hui conseiller municipal de Nantes, conseiller communautaire de Nantes Métropole (qui participe au financement du projet) , et accessoirement semble-t-il Premier ministre.
Nantes-sur-Ayrault la sublime, nouvelle capitale française : Pensez-donc, avec 1 650 hectares cet aéroport de Notre-Dame-des-Landes (toutes infrastructures comprises) sera donc plus grand que la surface aéroportuaire de Roissy Charles de Gaulle qui accueille sur 1 400 hectares 540 000 mouvements d’avions et 55 millions de passagers par an (pour une surface totale de 3.257 hectares). Si avec ça Nantes-sur-Ayrault ne devient pas Nantes-sur-Ayrault-la-magnifique …
Veni, Vidi, Vinci
Donc, le 30 décembre 2010, Thierry Mariani, secrétaire d’Etat chargé des transports, a paraphé le contrat de concession du nouvel aéroport Grand-Ouest. Signé par la société concessionnaire des aéroports du Grand Ouest, filiale de VINCI Concessions (85 %), en partenariat avec la Chambre de Commerce et d’Industrie de Nantes (10%) et Entreprise de Travaux Publics de l’Ouest (ETPO – CIFE) (5 %), il est entré en vigueur le 1er janvier 2011.
Comme un bonheur n’arrive jamais seul, Vinci a obtenu la reprise de l’exploitation des aéroports de Nantes-Atlantique et de Saint-Nazaire Montoir, en plus de la conception, le financement, la construction, l’exploitation et la maintenance du nouvel aéroport du Grand Ouest Notre-Dame des Landes pour une durée de 55 ans.
Ce projet ultramoderne déposé par Vinci présente deux pistes de 2.700 et 2.900 mètres : on pourrait potentiellement y faire atterrir des A380, mais le futur exploitant de l’aéroport ne prévoit pas l’existence, dès l’ouverture de l’aéroport de lignes commerciales régulières utilisant l’A380, ni donc les infrastructures adaptées. Comme les gros porteurs ne sont pas trop à la mode, on s’en dénoyaute la cerise. Puisqu’on vous dit que c’est ultramoderne. Faut suivre un peu.
Deux pistes pour 4 millions de passagers. Une bande de sauvages autochtones qui vit là-bas, l’ACIPA (Association Citoyenne Intercommunale des Populations concernées par le projet d’Aéroport de Notre-Dame-des-Landes) soutient qu’il n’existe aucune norme européenne allant dans ce sens. Peut-être, mais qu’est-ce qui leur dit que demain on ne va pas construire 8 pistes supplémentaires à Roissy, avec 60 millions de passagers sur 4 pistes ? Le bon sens n’est pas toujours près de chez vous, vous diront les experts.
Le projet devrait coûter 561 millions d’euros (aucun budget de dépassement n’a été prévu car on sait bien que ça n’arrive jamais sur des gros chantiers), ce qui heureusement en période de crise est une somme tout à fait modeste parfaitement employée. Ce n’est pas comme si avec 561 millions d’euros on pouvait créer des logements, financer des projets écologiques, faire de la recherche… Une paille donc, mais dans l’œil.
La répartition de l’enveloppe globale s’établit comme suit :
- Vinci apporte autour de 310 M€ sur les 441 M€ évalués pour la réalisation de la plateforme aéroportuaire qui se répartissent comme suit :
- 100 millions d’euros c’est le résultat du bénéfice fait sur Nantes Atlantique entre 2010 et 2017 [sic!]
- 100 millions d’euros empruntés sur les marchés financiers cautionnés par les collectivités locales, noir sur blanc dans le cahier des charges [re-sic!]
- 100 millions d’euros des actionnaires de Vinci avec un rendement annuel de 12 % imposé.[re-re-sic!]
- L’Etat (130,5 M€) et les collectivités publiques (115,5 M€) se sont engagés sur une contribution publique totale de 246 M€, financement partagé au travers d’un syndicat mixte comprenant :
- Les Conseils régionaux des Pays de la Loire (40,4 M€) et de Bretagne (28,9 M€),
- Le Conseil général de Loire-Atlantique (23,1 M€)
- Nantes Métropole (17,9 M€)
- La communauté d’agglomération de Saint-Nazaire (2,9 M€) et celle de La Baule-presqu’île de Guérande (2,3 M€)
On rappellera tout de même que lors du débat public de 2002-2003, le prix du baril de pétrole (brent) oscillait entre 30 et 40 dollars. Aujourd’hui c’est plutôt autour de 100 dollars le baril qu’il oscille, mais ça n’a évidemment aucune sorte d’importance.
Cinq enquêtes publiques se sont déroulées du 21 juin au 7 août 2012. Quelque 400 contributions ont été déposées ou envoyées aux commissaires enquêteurs, et certains viendront chicaner sur “la précipitation à organiser l’enquête pendant l’été, avant l’entrée en application de la réforme des enquêtes publiques, ce qui a permis à l’Etat d’organiser la procédure conformément à l’ancienne règle, alors que la nouvelle aurait permis une instruction plus longue”.
Il y aura bien des pisse-froid pour venir arguer également que les centaines d’hectares requis pour le nouvel aéroport sont des zones humides, en tête de deux bassins versants, que leur artificialisation est contraire aux dispositions du SDAGE Loire Bretagne.
Que normalement ce projet ne peut satisfaire aux exigences de la loi sur l’eau, mais heureusement l’Etat et Vinci proposent une solution, dite loi-du-contournement-de-la-loi, qui permettrait de passer outre : le concessionnaire Vinci-Aéroport du Grand Ouest aurait recourt à des « unités de compensation zones humides » calculées selon des coefficients de 0,25 à 2 pour évaluer l’intensité de la réponse compensatoire des mesures.
Bon ok, c’est un peu violer la loi française et la directive européenne cadre sur l’eau, parce que normalement une zone humide détruite doit être compensée par deux hectares construits sur le même bassin versant, or ici toute la zone du projet et ses alentours sont classés en zones humides. D’accord, il n’est donc pas possible de compenser, l’approche retenue par AGO en termes de fonctionnalités n’est pas viable, mais bon puisqu’on vous dit que tout ça c’est pour le développement économique. L’état a bien le droit de contredire ses propres directives, sans compter qu’en 2012, on s’en fout de l’eau, après tout.
Les indemnités proposées aux propriétaires qui sont priés de dégager illico de la zone avant l’arrivée des pelleteuses sont de 27 centimes par m². Quand on sait que l’un d’eux a par exemple acheté son terrain 24 centimes par m² en 1977, ça laisse rêveur.
Il paraîtrait aussi que le marché européen de permis des émissions de CO², qui renchérit le coût de l’aviation, a été omis dans les études. Comme ces trucs de CO² sont encore des lubies de baba-cools avec des fleurs sur leurs sandales en cuir, on n’en tiendra évidemment pas compte.
D’autres empêcheurs de bétonner en rond viendront pérorer que la concurrence du TGV n’a pas été prise en compte. Mais qui prend encore le TGV entre Nantes et Paris de nos jours ?
Et comme si la nouvelle liaison TGV Rennes-Paris prévue pour 2020-2025 allait inciter beaucoup de Rennais à prendre l’avion à Paris plutôt qu’à Notre-Dame-des-Landes. N’importe quoi.
D’autres encore vous expliqueront que la construction du tram/train depuis Nantes, estimée à 150 millions d’euros, n’est pas prise en compte dans le projet, alors que ses effets sont inclus dans le calcul de bénéfices pour la société Vinci. C’est juste parce qu’ils ne savent pas anticiper sur les bénéfices que réalise le privé à partir des investissements des deniers publics. En attendant, vous viendrez à l’aéroport en voiture et vous paierez le parking, à Vinci bien sûr, qui a obtenu dans le cahier des charges du projet l’augmentation de 7 000 à 11 000 places de parking tandis que les pistes ont été revues à la baisse faute de moyens.
En terme d’emploi, de drôles de sbires contestent l’étude estimant que 1 000 emplois sont créés par million de passagers tout ça parce qu’elle se base sur les statistiques des trois grands hubs internationaux qui comptent également le fret, alors qu’en France, pour les aéroports régionaux la norme est de 600 emplois par million de passagers. Les gens sont vraiment tatillons quand il s’agit de leur boulot, c’en devient pénible.
A contrario, l’étude de déclaration d’utilité publique nous explique – c’est un ravissement sans égal quand on fait de la politique – que l’aéroport Grand Ouest de Notre-Dame-des-landes rapportera entre 600 et 700 millions d’euros à la collectivité. N’en déplaise à l’étude du cabinet CE-Delft de 2011.
D’ailleurs qui s’intéresse à l’avis d’un cabinet hollandais, organisme indépendant de recherche et de conseil spécialisé dans les solutions innovantes aux questions environnementales, qui alerte sur les risques d’un déficit entre 90 millions et 600 millions d’euros selon les estimations, et auteur il y a quelques années d’un rapport ayant contribué à l’abandon de l’extension de l’aéroport d’Heathrow à Londres ? Surtout quand il conclut que l’optimisation de Nantes Atlantique apparaît plus génératrice de richesses pour la France que la construction d’un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes.
Franchement, on s’en fout un peu, qui va aller tenir compte de ça, sérieusement ?
Certainement pas Vinci, qui nous propose un monde merveilleux à Notre-Dame-des-landes :
De 4 millions de passagers à la mise en service, le trafic (actuellement 3,2 millions par an à Nantes Atlantique) passera à “9 millions de passagers par an d’ici 2065” (ils sont aussi fins démographes). C’est promis. Vinci réduira aussi “la consommation d’énergie par 3 par passager”. Vinci utilisera des “techniques de construction innovantes pour l’ensemble du chantier”. Vinci aura un “bilan carbone positif sur la durée du projet en intégrant la construction”. Vinci est tellement balèze qu’à l’extérieur, “les jardins diffuseront les parfums spécifiques des essences locales” (si si, c’est dans le projet). Comment ne pas être émerveillé par l’odeur de la nature en patch ? Encore un peu de forcing et les agriculteurs du coin pourront même peut-être négocier des horaires de diffusion des odeurs de bouse de vache, ça leur rappellera le bon vieux temps.
Libérer des terrains de l’aéroport Nantes Atlantique, dans cette partie sud-ouest de l’agglomération répond surtout à une logique d’aménagement global (en fait l’aéroport nous emmerde un peu dans nos projets) : “Selon l’Insee”, répète le commandeur Jean-Marc Ayrault, “Nantes accueillera 150 000 habitants supplémentaires d’ici 2030”. En urbanisme, on appelle ça régler le problème par le vide. En politique et nombre de voix, on appelle ça régler le problème par le plein.
Et qui vient d’obtenir la concession de cinq aéroports de l’Ouest, et aura le droit de construire de nouveaux quartiers sur les terrains libérés par l’ancien aéroport de Nantes Atlantique ?
Vinci, bien sûr. (Vous aviez deviné ? vous avez gagné le droit de financer le projet NDDL).
Décidément, nos politiques sont des génies, mais les gens de chez Vinci, ils sont vraiment trop forts.
PS : On me dit que sur place, le dialogue bat son plein, emmené par un Manuel Valls grand amateur de débats démocratiques. Vous pouvez donc dormir sur vos deux oreilles, en comptant les avions.
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Ajout du lundi 3 décembre 2012
Suite à la parution du travail d’enquête du journaliste Hervé Kempf (Reporterre et Le Monde), il apparaît que l’Etat aurait « manipulé les chiffres » : une petite erreur de 900 millions d’euros sur 30 ans, que le Conseil d’État aurait ratée (3 fois ?).
Si l’information est avérée, le projet d’aéroport risque d’avoir – c’est le cas de le dire – sérieusement du plomb dans l’aile.
Article à consulter ici : http://goo.gl/wcNx1
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« Notre-Dame-des-Landes.. au coeur de la lutte »
NOTRE-DAME-DES-LANDES … Au coeur de la lutte… par lagoradeBretagne
Document militant réalisé par Christophe Kergosien et Pierrick Morin
« A l’arrache production »
Durée : 1 h 10
Accès gratuit sur l’Agora de Bretagne
http://www.lagoradebretagne.fr/
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Ressources :
- Étude du CE-Delft pour le CEDPA
- Enquêtes DUP et compatibilité des PLU (pdf)
- VINCI : Concession du nouvel aéroport de la région nantaise : Dossier de presse
- Actualité sur site de la Zone à défendre : http://zad.nadir.org/
- Reporterre : « A Nantes, des tritons, pas des avions ! »
- Sud-Ouest : « Aéroport de Nantes : Notre-Dame-des-Landes, les clés pour comprendre »
- Rue89 Planète : « L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, projet inutile ou mégalo ? »
- Le site officiel du projet : http://aeroport-grandouest.fr
- L’ACIPA : Association Citoyenne Intercommunale des Populations concernées par le projet d’Aéroport de Notre Dame des Landes et notamment la documentation
- le Cedpa, regroupant écologistes, Front de Gauche, NPA, MoDem, une moitié de locaux, une moitié de nationaux
- La pétition : http://www.aeroport-nonmerci.fr/
- Bastamag : Ces aéroports qui coûtent cher et ne servent presque à rien
- Aéroports allemands : http://www.informationen-reise.de/flughafen-deutschland/
- Aéroports français : http://www.aeroport.fr/
Comment le blogueur et le poisson congelé sont arrivés au Conseil Constitutionnel
“Tu m’as jeté dans l’abîme, dans les profondeurs de la mer, et les courants m’ont environné ; toutes tes vagues et tous tes flots sont passés sur moi.”
[ Jonas dans le poisson (Jonas 2.1-11) ]
N’en déplaise à Ambrose Bierce qui affirme, dans son “Dictionnaire du Diable”, que « Diffamer, c’est mentir à propos de quelqu’un, et dire la vérité à propos de quelqu’un » , la vie du blogueur n’est parfois pas de tout repos car la justice ne l’entend pas forcément de cette oreille.
Ainsi, le 23 octobre dernier s’est ouvert un procès devant la 5ème Chambre du Tribunal Correctionnel de Bordeaux qui mérite toute notre attention d’internautes avisés.
L’accusé est en effet un blogueur, (nous l’appellerons ici Jonas afin de respecter son anonymat) à qui il est reproché d’avoir écrit que le poisson de la poissonnerie Lucine au Cap Ferret était « obligatoirement congelé » en raison de sa provenance lointaine, du Yemen et de l’océan Pacifique entre autres provinces exotiques.
Le journal Sud-Ouest qui hébergeait les propos sur sa plateforme de blogs gratuits ayant été mis hors de cause, c’est à Jonas que le poissonnier réclame 60 000 € en réparation du préjudice subi. Preuve étant ainsi faite qu’en s’attaquant au poisson, on peut parfois tomber sur un os.
Là où l’affaire se corse et, toutes proportions gardées, pourrait même devenir explosive, c’est que Jonas et son avocate Maître Videau ont soulevé dés l’ouverture de l’audience du 23 octobre une Question Prioritaire de Constitutionnalité ou QPC (à ne pas confondre avec la Question Prioritaire de Congélation qui relève elle du Conseil d’étal).
Voici donc que notre Jonas accompagné de Maître Videau vont pour ainsi dire frapper à la porte du Conseil Constitutionnel, non pas comme nos anciens présidents de la République pour empocher le modeste émolument de 11.500€ par mois, mais pour remettre en cause la légitimité constitutionnelle de “La loi sur la liberté de la presse” du 29 juillet 1881, d’une modernité telle qu’elle sert toujours aujourd’hui à qualifier et juger le délit de diffamation.
Ne commencez pas à maugréer sur la vétusté du Droit français – je vous entends d’ici – mais attendez plutôt la suite.
“Présumé coupable” lavez-vous (de tout soupçon)
La loi sur la Diffamation publique, articles 29 et 23 de loi du 29 juillet 1881, suppose que notre vil blogueur Jonas a bien-sûr agi avec l’intention de nuire. La diffamation doit réunir les cinq éléments constitutifs suivants : 1. L’allégation d’un fait précis, 2. L’atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne visée, 3. La mise en cause d’une personne déterminée, 4. La mauvaise foi, 5. La publicité.
A charge pour Jonas d’apporter donc la preuve de l’absence d’un funeste complot ourdi dans l’ombre des internets. Sans cette preuve d’absence d’intention, le bras impitoyable de la justice s’abattra sur lui comme le couteau du poissonnier sur la tête du mérou : il sera condamné.
Autrement dit, l’accusé doit prouver qu’il a commis une erreur en toute bonne foi. Comme par exemple Bernard Tapie pendant le procès OM-VA qui déclarait “J’ai menti, mais c’était de bonne foi”. Bon, certes, quelque chose me dit que l’exemple n’est pas terrible, mais jusque là, vous suivez, non ?
Cela revient pour Jonas à se présenter devant le Tribunal en étant déjà aux ¾ condamné : loin d’être présumé innocent comme tout justiciable, il est en fin de compte quasiment présumé coupable. On pourrait penser ici la jurisimprudence Nicolas Sarkozy, qui avait déclaré à propos de l’affaire Clearstream que “les coupables devaient être traduits devant le tribunal correctionnel”.
En voici l’explication : La preuve de la bonne foi, pour la jurisprudence française, se compose de quatre éléments cumulatifs, ce qui revient à apporter quatre preuves pour en former une seule, un peu comme si les mandats de maire, député, conseiller général et ministre étaient obligatoires pour constituer un homme politique pertinent.
Donc avant qu’un juge considère une erreur de bonne foi l’accusé devra prouver : 1. La légitimité du but poursuivi. 2. L’absence d’animosité personnelle. 3. La prudence et la mesure dans l’expression. 4. Le sérieux de l’enquête.
Ainsi en Droit français, tout propos diffusé dans l’espace public devrait être le résultat d’une enquête sérieuse.
Chaque billet de blog, chaque post Facebook, chaque tweet devraient relever d’une investigation aussi méthodique qu’une chasse aux sans-papiers par un ministre de l’intérieur.
Mais comme chaque internaute a son diplôme de journaliste en poche, et que nous nous livrons tous systématiquement aux recherches les plus poussées avant de nous exprimer, est-il besoin de le rappeler ici …?
L’espace public du XIXème aussi compatible avec Internet qu’un cachalot au milieu d’un banc de sardines.
Sous la IIIème République, les blogueurs ne pullulaient pas sur la toile, et pour cause : en fait de toile, on ne pouvait surfer que sur celles de Cézanne, Gauguin et Van Gogh ou Degas. Sous la IIIème République l’espace public était réservé aux spécialistes de la parole éponyme. Le directeur de publication était déjà responsable devant les tribunaux de l’action de ses journalistes et collaborateurs dans le journal qu’il dirigeait.
Cet espace public était “nanoscopique” et son accès réservé à une élite de professionnels, un peu comme si les seuls journalistes français autorisés étaient Laurent Joffrin, Jean-Pierre Elkabach et Franz-Olivier Giesberg. A la différence d’aujourd’hui, où chaque individu est potentiellement un média et peut écrire, communiquer, diffuser, de manière immédiate au travers de cet espace commun.
Or voilà le problème : que vous soyez journaliste titulaire d’une carte professionnelle et couvert par le directeur de publication, ou blogueur comme Jonas ou même petit twittos perdu dans un océan de gazouillis, la loi ne fera aucune distinction en matière diffamatoire. Normal, elle s’appelle toujours « loi sur la liberté de la presse » et du haut de ses vénérables 131 ans, elle ne fait aucune différence entre les divers acteurs de l’espace public. Et ce n’est pas l’article 6 de la LCEN de 2004 qui change la donne sur ce point.
De la Commune de Paris au XXIème siècle , en passant par le Conseil de L’Europe
Le nom de « loi sur la liberté de la presse » est aussi trompeur qu’un président de la république française qui affirmerait que son ennemi est la Finance. Elle ne revêt de caractère libéral que dans le contexte particulier de la IIIème République : Sa raison d’être était la correction d’une loi du 16 juillet 1872 imposée dans le cadre de la Commune de Paris qui soumettait les éditeurs à un régime d’autorisation préalable pour la publication et à un cautionnement. Imaginez les saumons priés de déclarer leur périple pour remonter la rivière jusqu’à leur lieu de naissance au brochet du ministère de la pèche…
Cette loi française est âprement critiquée par le Conseil de l’Europe, qui appelait à sa dépénalisation en 2007. On notera ici que la France se conforme sans réserve aux directives européennes quand il s’agit par exemple de remettre la militante politique Aurore Martin aux autorités espagnoles, mais fait preuve du plus grand laxisme concernant l’article 10 de la Convention des Droits de l’homme, (un obscur texte français aujourd’hui oublié) au vu duquel il était demandé à la France de « réviser sa loi du 29 juillet 1881 à la lumière de la jurisprudence de la Cour européenne des Droits de l’Homme ».
Au rétro-éclairage de cette demande de révision, on se souviendra de l’interpellation brutale de l’ex directeur de la publication de Libération Vittorio de Filippis, amené menottes aux poignets jusqu’au bureau du juge après une garde à vue humiliante. C’était en 2008, en France, pour un délit non passible de prison.
On rappellera au passage que dans le classement de l’organisation internationale Reporters sans frontières, le coq tricolore se retrouve ainsi à la 44ème place, bien après la Jamaïque, le Costa Rica ou encore Hong Kong. Sur 178 pays, cela a de quoi inquiéter, et pas seulement notre égo cocardier.
Pour l’heure la France ne tient pas pleinement compte des juridictions supranationales en matière de diffamation. La dépénalisation de la diffamation est aujourd’hui certes beaucoup moins médiatique que celle du cannabis, mais il convient de le constater, au moins tout aussi taboue.
L’affaire de Jonas, du poisson congelé -ou pas-, et du poissonnier Lucine, est une occasion de plus de soulever la nécessité de la modernisation de la loi sur la diffamation et de la soumettre à l’avis du Conseil Constitutionnel. Et comme ce vénérable organisme est composé de jeunes gens alertes, passionnés du web et des nouvelles technologies, et d’une absolue intégrité intellectuelle (Valérie Giscard d’Estaing, Jacques Chirac, et Nicolas Sarkozy étant le haut d’un panier de vénérables hommes politiques absolument au dessous de tout soupçon), nous ne manquerons pas de suivre de près la réponse à cette Question Prioritaire de Constitutionnalité qui potentiellement nous concerne tous.
Read More[Billet invité] « Le temps des assassins, histoire du détenu N° 1234. » de Philippe Soupault – Par Jacques Deruelle
Dans une brocante, les livres oubliés, véritables trésors de lecture comme «Le temps des assassins», histoire du détenu N° 1234 de Philippe Soupault, publié en 1945 par les Éditions de la Maison Française, relié demi-cuir, sont un bonheur de trouvaille pour le bibliophile.
Le poète, ami d’Aragon, de Breton ou de Benjamin Peret, cofondateur du mouvement surréaliste (Les champs magnétiques) et romancier a pris soin de témoigner par le menu de la période de son emprisonnement à Tunis en 1942, une Ville, où jusqu’à l’armistice il fonda et dirigea une radio.
Le lecteur est frappé dès les premières pages par le ton minimaliste, le caractère dépouillé de l’écriture, sans effet ni artifice.
«Dire bêtement la vérité… la littérature n’est jamais aussi haïssable que dans le domaine de la souffrance» prévient l’auteur.
Un fil conducteur guide le récit, le refus de toute compromission avec le régime haï du maréchal Pétain et l’affichage d’un mépris ostentatoire pour ses affidés, policiers, juge ou gardiens de prison, en vertu d’une dignité qui préserve la seule part de liberté inaliénable, celle de penser.
Soupault et ses codétenus, les «dissidents» ont en commun le rejet absolu de la «révolution nationale» perçue dès son instauration comme un sous-produit du nazisme. A une époque où les médiocres les affairistes prenaient le pouvoir dans le sillage de la dictature née de l’alliance entre Pétain et Hitler sur le sol français, où la corruption et le double jeu se développaient sitôt la guerre éclair enlisée sur le front Russe, la lucidité militante de quelques-uns, risquant parfois leur vie comme otage, au fond d’une prison, sonne comme un désaveu de la «vieille prudence bourgeoise» à l’œuvre dans le pays, prudence, tiédeur ou indifférence formant l’état d’esprit sur lequel la tyrannie se répandit comme une épidémie.
«Les dissidents n’étaient pas des héros», souligne l’auteur, mais ils refusèrent de s’abaisser car tout État despotique génère la peur mais la soif de liberté commande de la combattre…
En lutte contre la domination de la classe bourgeoise, son milieu d’origine, Soupault a cependant refusé d’adhérer au parti communiste d’Aragon et de Breton, estimant la poésie, par essence libre de tout conformisme et incompatible avec l’inféodation partisane.
Ami de nombreux peintres, il n’a collectionné ni possédé aucun tableau, ne multipliant dans sa longue vie que l’ivresse des voyages, les découvertes et les rencontres vitales, poète toujours en quête de dépaysement. Il mourut à l’âge de 93 ans sans avoir connu le succès mais les mains propres, «je n’ai pas fait le trottoir et le succès corrompt, oblige à se répéter» assenât-il toujours lucide, à la fin de sa vie, consolé par la poésie de n’avoir pu devenir botaniste.
Relire Philippe Soupault, c’est faire renaître un authentique porte voix de la conscience humaine, celle qui rétablie la vérité d’une époque en démaquillant ses plus vilains acteurs.
Jacques Deruelle
Read More« Des Jeux Olympiques mémorables »… avec le soutien de nos partenaires.
« Le sport est une propagande permanente pour le libéralisme économique. Il exalte bien sûr les marques, la consommation débridée, le fétichisme de la marchandise, mais aussi la loi du plus fort, le mépris des plus faibles, le culte de la performance, de l’évaluation, de la maximisation des forces, de la concurrence forcenée. Son idéal : les hommes sont des loups pour les hommes, homo homini lupus. » [Robert Redeker - Philosophe]
C’est à la lueur de cette explication que l’on savourera le slogan du CIO (« IOC_Marketing_Media_Guide_2012« ) : « Délivrer des Jeux Olympiques mémorables afin d’inspirer toute une génération avec le soutien de nos partenaires »
Alors, ces fameux partenaires (Worldwide Olympic Partners) qui « soutiennent l’inspiration de toute une génération » ?
Coca cola : Accusé par le magazine britannique The Ecologist d’exploiter les immigrés d’origine africaine qui récoltent les oranges dans le sud de l’Italie. En l’état actuel, pour chaque kilo de fruits récoltés, la multinationale verse sept centimes aux petits producteurs. Ces derniers paient les saisonniers de 20 à 25 euros par jour – en échange de douze à quatorze heures de travail dans les plantations. Ce tarif n’est toutefois appliqué qu’aux travailleurs placés sous contrat, les autres devant se contenter d’une quinzaine d’euros par jour. http://is.gd/UkcSrn
Acer : Expert en racket de vente liée “les produits sortent d’usine déjà pré-installés et dotés d’un OS. ACER est le constructeur informatique qui a été le plus condamné par la justice (sept fois jusqu’à ce jour) pour le caractère abusif de sa procédure concernant les licences logicielles vendues de force avec tout nouvel ordinateur de sa marque. http://is.gd/NM7YvW
Atos : On rappellera le scandale des salaires chez ATOS : Des dirigeants qui gagnent plus de 500 000€ par an alors que les bas salaires, eux, ont droit à 6 € brut d’augmentation par mois. http://is.gd/B8yoWB
DOW : Refus de prendre en charge les conséquences de la catastrophe de Bhopal survenue en Inde en 1984, quand une usine, rachetée en 1999 par Dow, avait explosé, faisant plusieurs milliers de morts et continuant aujourd’hui toujours de polluer la région.
General Electric : Le PDG de General Electric a été propulsé en janvier 2011 à la tête du Conseil pour l’emploi d’Obama. Les révélations sur les impôts non payés par GE font désordre pour le moins : le New York Times a révélé que le groupe qui avait réalisé 10 milliards de dollars de bénéfices sur son exercice 2009 n’a pas payé d’impôt aux Etats-Unis. Il en est de même sur 2010. http://is.gd/hPpjJZ
Mac Donald’s : Fait pré-frire dans un premier temps ses frites dans ses usines aux Etats Unis puis les congèle et les exporte dans toutes ses filiales dans le monde. Le hic c’est qu’après les avoir découpées elles les trempe dans une fine couche à base de graisse de porc ou de graisse d’origine bovine (tué par choc électrique) ce qui leurs confère leurs matières croustillantes après friture. Ainsi ces produits se retrouvent partout dans le monde et notamment dans les pays musulmans et en Inde. Ainsi la compagnie a présenté ses excuses à l’Inde et à la communauté indoue et à la communauté végétarienne. http://is.gd/qdL31V
On rappellera également le scandale de Mc Do et des oeufs, des conditions d’élevage insalubres des volailles. http://is.gd/8ioCm8
Panasonic : qui a annoncé un plan de restructuration comportant la suppression de 35.000 postes dans le monde entre 2010 et 2013 http://is.gd/rjpz15 et qui vient d’annoncer un bénéfice multiplié par près de sept au premier trimestre de son exercice décalé, bénéfices « essentiellement en raison d’une diminution de ses coûts. » http://is.gd/Fb8vt8
Procter and Gamble : (Ariel, Persil, Monsieur Propre, Max Factor, Oil of Olaz, Camay, Pantène, Tampax, Always, Pampers, etc…). P&G aime bien expérimenter sur animaux : En 1987, ils combattent la proposition de certains de leurs actionnaires visant à éliminer les tests sur animaux pour tous leurs produits ménagers. Puis, en 1989, ils tentent de lancer un programme de 17,5 millions de dollars pour persuader les législateurs américains et l’ensemble du public, y compris les écoliers, que les tests aboutissant à empoisonner, aveugler, brûler, mutiler et tuer des milliers d’animaux sans défense étaient non cruels et nécessaires (mais l’intense opposition des amis des bêtes aux États-Unis réussit à faire avorter ce projet). Enfin, en 1990, cerise sur le gateau sanglant, Procter & Gamble fait pression contre la législation visant à interdire l’atroce test de Draize dans l’État de Californie. http://is.gd/jSXBQ2
Samsung : On rappellera la démission de Lee Kun-Hee, empereur, pardon, président du conglomérat sud-coréen Samsung, inculpé d’évasion fiscale et d’abus de confiance, pour avoir détourné 4500 milliards de won soit environ 3 milliards d’euros. http://is.gd/NMiNG7
Visa : bloque les donations au site de Wikileaks depuis 2010. WikiLeaks a indiqué dans un communiqué qu’un tribunal de Reykjavik lui avait donné raison face à Valitor (anciennement Visa Iceland), société qui gère les paiements avec les cartes Visa et MasterCard. WikiLeaks estime à « plus de 20 millions de dollars » le manque à gagner. Des plaintes contre le blocage des dons à WikiLeaks ont été déposées dans d’autres pays et la Commission européenne enquête sur cette affaire. http://is.gd/SfTIGH
N’oublions pas Le Comité International Olympique (CIO) dont les membres sont des modèles de vertu ou de quoi effectivement « inspirer toute une génération ». (ou « La Mafia c’est mieux quand c’est légal »)
Pierre-Olivier Beckers – Homme d’affaires belge – Aux USA, nommé à la huitième place dans le classement des plus importants patrons du secteur des supermarchés (en 2010, 2011 et 2012)
Franco Carraro – Italie – Ex maire de Rome. Ex membre de l’UEFA. Président de la banque MCC S.p.A. Président démissionnaire de la Fédération italienne de football à la suite du scandale des écoutes téléphoniques impliquant des arbitres et la Juventus Turin en 2006. Toujours membre du CIO.
Iván Dibos – Pérou – Administrateur de sociétés, membre du conseil d’entreprises industrielles et commerciales, de banques, de chaines de télé péruviennes. Consul honoraire du Luxembourg et de Monaco.
Pál Schmitt – Hongrie – Ancien président démissionnaire de la République de Hongrie suite à la révélation dans la presse que plus de 90 % de sa thèse de doctorat est un plagiat d’études antérieures. Son titre de docteur d’université lui a été retiré par l’université. Toujours membre du CIO.
Vitaly Smirnov – Russie – Premier vice-ministre des sports d’URSS de 1970 à 1975.
Chiharu Igaya – Japon – Membre du conseil d’administration de l’American Home Assurance Co., et de l’American International Underwriters; président de Chiyoda Consultants K.K.; président de l’AIGKK; président honoraire de la compagnie d’assurances AIU; président de la société Worldwide Business Consultants.
Son Altesse sérénissime Princesse Nora de Liechtenstein – Liechtenstein – Comtesse de Rietberg, marquise douairière de Mariño. Princesse d’un charmant royaume de 34.000 habitants pour plus de 80.000 holdings, où le secret bancaire encore plus rigoureux qu’en Suisse, notoirement inscrit sur la liste des paradis fiscaux non-coopératifs de l’OCDE.
Francisco J. Elizalde - Philippines – Vice-président et directeur de Elizalde & Co., Inc., Elizalde International (Phil.) Inc., Elizalde Paint & Oil Factory, Inc., Elizalde Rope Factory, Inc., Elizalde Security Equipment Mfg., Corp., Tanduay Distillery, Inc.; directeur de Johnson-Pickett Rope Co. Inc., Mineral Exploration & Development Co.
Son Altesse sérénissime le Prince Souverain Albert II – Monaco – Prince d’une charmante bourgade de 32 000 habitants qui compte environ 30 banques, 340 000 comptes ouverts dont 210 000 détenus par les non-résidents, ventilés dans les 47 banques au total présentes sur le territoire.
Lambis V. Nikolaou – Grèce – Entrepreneur en travaux public, on lui doit notamment la supervision de la construction du stade olympique d’Athènes. N’y voir aucun conflit d’intérêts.
Son Altesse royale la Princesse Anne d’Angleterre – Royaume Uni – Princesse royale (Anne Elizabeth Alice Louise), membre de la famille royale britannique, à la dixième place dans l’ordre de succession au trône britannique. Seule fille du duc d’Édimbourg et d’Elisabeth II.
Willi Kaltschmitt Lujan – Guatemala – President of Comunicaciones Group, Director of Advertising, Public Relations and member of the Executive Board of Duwest Inc.; Past President of Guatemalan Foreign Trade Commission of FUNDESA.
Richard L. Carrión – Puerto Rico – Directeur de la FED de New York pour l’année 1999. PDG et directeur executif de la Banco Popular de Puerto Rico, et chairman, president et directeur executif de la Popular Inc., Banco Popular’s holding company.
Comte Jacques Rogge – Belgique - Chirurgien orthopédiste, président et autorité suprême du mouvement olympique depuis 2001, il a été anobli par le roi Albert II de Belgique en 2002. Il s’est opposé à la commémoration, par une minute de silence durant la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’été de 2012 des 40 ans de l’assassinat de onze athlètes israeliens par des terroristes palestiniens durant les Jeux Olympiques de Munich en 1972
Thomas Bach – Allemagne – Chairman of the board of the Michael Weinig AG Company (Germany); Chairman or member of various companies’ boards; President of the Ghorfa Arab-German Chamber of Commerce and Industry e.V.
Cheikh Ahmad Al-Fahd Al-Sabah – Koweit – Ancien président de l’OPEP. Ministre de l’Information – médias et culture (2001-2003), ministre de l’Énergie-pétrole, gaz, eau, électricité (2003-2006), ministre de la Sécurité nationale (2006-) du Koweit.
James L. Easton – USA – PDG de la société de pointe en équipement du tir à l’arc, Jas. D. Easton, Inc. et propriétaire de Easton Technical Products et de Hoyt Archery. Ancien propriétaire et président de Easton Sports, Inc.
Sir Craig Reedie – Royaume Uni – Avocat et associé dans un cabinet de conseillers financiers.
Mario Pescante – Italie - Ancien Membre du conseil d’administration de la STET (Sociéta Finanziaria Telefonica e Telecomunicazioni); membre du conseil d’administration de la BNL (Banca Nazionale del Lavoro – section crédits spéciaux); Ancien membre du conseil d’administration et du conseil exécutif de l’Institut du crédit sportif; Ancien sous-secrétaire d’État chargé du sport au ministère des Biens et Activités culturelles ; député au Parlement italien; président de la Commission de l’Union européenne du Parlement italien. Démissionnaire de son poste de vice-président du Comité international olympique après que le gouvernement italien eut refusé d’endosser la candidature de Rome en vue des JO de 2020, déclinée par Monti à cause de la crise économique en Italie.
Gerhard Heiberg – Norvège – Ancien Président-directeur général de Norcem (Entreprise de ciment norvégienne). Ancien président du directoire de la Banque centrale de Norvège (Den Norske Bank) et de la chambre de commerce de Norvège (Norwegian Trade Council).
Austin L. Sealy – La Barbade – Banquier, directeur de sociétés publiques de radio, de télévision, de sport et de tourisme; ambassadeur de la Barbade au Royaume-Uni et en Israël (1993-1994); consultant en commerce international et en gestion financière.
Alex Gilady – Israël – Ancien vice-président, puis vice-président senior de NBC Sports depuis 1981. Fondateur et président-directeur général de la Keshet Broadcasting Ltd, concession de la télévision commerciale d’Israël. Président de Keshet Broadcasting.
René Fasel – Suisse – Docteur – Depuis 1994, il préside la Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF). Actuellement sous le coup d’une enquête de la Fédération Internationale de Hockey sur Glace pour une affaire de corruption.
Jean-Claude Killy – France – Diverses collaborations comme promoteur de nombreuses multinationales comme General Motors ou United Airlines. En 1992, prend la tête d’Amaury sport organisation (Organisation Tour de France et Paris-Dakar) jusqu’à 1999. Membre du conseil d’administration de Rolex S.A. et ancien membre du conseil d’administration de Coca-Cola jusque fin 2005.
Olegario Vazquez Rana – Mexique – Président et fondateur du Grupo Empresarial Angeles : 26 hopitaux, 30 hotels au Mexique et aux États-Unis, la Finance avec Grupo Financiero Multivalores qui détient une banque, une compagnie d’assurance et une société de courtage, un secteur médias avec le Media Grupo Imagen qui détient le journal national Excelsior, et un réseau de stations de radio de 70 affiliés et le réseau national de télévision Cadena Tres.
Syed Shahid Ali – Pakistan – Directeur général de Treet Corporation Limited; directeur exécutif de Zulfeqar Industries Limited; directeur de International General Insurance Company of Pakistan Limited, de RYD Dairies Limited et de S.S Farms, de Loads Limited, de Packages Limited.
Kun-Hee Lee – Corée du Sud – PDG, Maître absolu et Empereur éclairé de Samsung – Inculpé en 2008 d’abus de confiance et d’évasion fiscale pour avoir mis en place un système totalement illégal visant à conserver le contrôle de la société par la famille en multipliant les participations croisées. Fortune personnelle estimée à 5,2 milliards d’euros en 2010, soit l’homme le plus riche de Corée.
Ottavio Cinquanta – Italie – A travaillé dans des structures financières et de l’industrie pétrochimique, notamment comme manager dans la compagnie pétrolière italienne Tusco Petrol. A fait l’objet d’un grand nombre de critiques de la part de la communauté du patinage artistique pour sa proposition d’un nouveau système de notation en dépit de son manque de connaissances avoué sur ce sport. Plusieurs fois personnellement hué par le public.
Guy Drut – France – En octobre 2005, jugé dans le procès du système de corruption de l’affaire des marchés publics d’Île-de-France. Guy Drut était également actionnaire d’une entreprise de BTP, la SAR de Francis Poullain, dont le redressement fiscal fut à l’origine de l’affaire des HLM de Paris. Il a obtenu 2,5 millions de francs au titre de ses dividendes en quatre ans. Guy Drut a été amnistié à titre individuel pour cette condamnation par un décret du président Jacques Chirac, non publié au Journal officiel, du 25 mai 2006. En France, ces faits doivent donc être étymologiquement oubliés, sous peine de poursuites pénales. Le casier judiciaire de Guy Drut est donc à nouveau vierge. Cette amnistie permettra donc à Guy Drut de représenter dignement à nouveau la France au CIO.
Chargé de mission au Cabinet de Jacques Chirac (1975-1976); adjoint au maire de Paris, chargé des sports (1985-1989); député de Seine et Marne (élu en 1986, réélu en 1988, en 1993, en 1997 et en 2002); conseiller municipal de Meaux (1989-1992); conseiller régional d’Île de France (1992-1998); maire de Coulommiers (1992-2008); ministre de la Jeunesse et des Sports (1995-1997)
Son Altesse Royale le Grand-Duc Henri du Luxembourg – Luxembourg – Fils aîné du Grand-Duc Jean et de la Grande-Duchesse Joséphine-Charlotte de Luxembourg.
Général Mounir Sabet – Egypte – Beau-frêre de Hosni Moubarak, le général Mounir Sabet a été impliqué dans le scandale de la vente de 70 sociétés appartenant au gouvernement égyptien par le biais d’United Cap, et fut soupconné de corruption et de commissions versées à son entreprise. Ancien président du conseil d’Egyptian Marsa Alam Aviation Services; ancien président du conseil d’Egyptian Aviation Services.
Melitón Sanchez Rivas – Panama – Expert comptable, Fondateur et directeur général de la société d’experts comptables/consultants Sanchez Rivas & Associés; directeur comptable de la société d’import/export Sanchez Rivas & Associés; directeur comptable de Venpana, S.A. (Banque internationale de la zone libre Colon); contrôleur et directeur comptable de Grupo Biskayna, S.A.; consultant international en comptabilité.
Leo Wallner – Autriche – Fut : Directeur général puis vice-président du conseil de surveillance de Casinos Austria; président du conseil de gestion des Loteries autrichiennes ; président du conseil d’administration, président, puis membre régulier du conseil de surveillance de Casinos Austria International; Vice-président du conseil de surveillance des Loteries autrichiennes; Actuellement membre de plusieurs conseils d’administration en Autriche.
Son Altesse royale le Prince d’Orange Willem-Alexander – Pays-Bas – Prince héritier des Pays-Bas.
Ser Miang NG – Singapour – Président de TIBS International Pte Ltd (1975); président de l’Association automobile de Singapour (1988-1996); membre de la société d’assurances «Ombudsman» de Singapour (1990-1996); président de NTUC Choice Homes (1996-); membre du comité consultatif des entreprises de la Coopération économique pour l’Asie-Pacifique (APEC) (2001-2008); président de NTUC Fair Price (2005-); directeur de la Holding de la presse de Singapour (2007-).
Samih Moudallal – Syrie – Directeur de la planification et des statistiques au ministère des Finances; directeur général de deux sociétés industrielles; conseiller et secrétaire du président du Parlement; secrétaire général du Parlement syrien.
Joseph S. Blatter – Suisse – 14 ans de casseroles à la tête de la FIFA. Dans le collimateur du Conseil de l’Europe pour corruption généralisée. Auteur de phrases célèbres comme « Elles pourraient, par exemple, avoir des shorts plus serré » (à propos du football féminin) ou « »Il n’y a pas de racisme dans le foot ». Ex-directeur du chronométrage sportif et des relations publiques de Longines S.A. et délégué de Swiss Timing. Toujours membre du CIO.
Lamine Diack – Sénégal – Chairman de la Société Nationale des Eaux du Senegal (1995-2001). Ancien maire de Dakar. Reconnu coupable par le CIO (un comble) de conflits d’intérêts, notamment voir profité de la société ISL (fermée en 2001) à l’époque partenaire commerciale du CIO pour se voir remettre 43 000 euros en liquide, en trois versements. Culpabilité qui lui a valu un simple avertissement, il continue de siéger au sein du Comité international olympique.
Carlos Arthur Nuzman – Brésil – Avocat, propriétaire d’un bureau juridique, propriétaire d’un bureau immobilier, membre du barreau section de l’État de Rio de Janeiro, ex-membre du conseil d’administration du Plan stratégique de la ville de Rio de Janeiro, ex-membre du Conseil national du sport du Brésil.
Zaiqing Yu – Chine – Ex directeur général de China Sports Development Co. Ltd. Vice-ministre en charge de l’administration générale du sport. Ex assistant du gouverneur, région autonome de la Mongolie intérieure de Chine.
Timothy Tsun Ting Fok – Hong Kong – Président de Fok Ying Tung Group, membre du conseil législatif de la Région administrative spéciale de Hong Kong, Chine. Membre du Comité politique consultatif pour la Chine.
John D. Coates – Australie – Président de William Inglis & Son Ltd (société de vente aux enchères de race chevaline et de services financiers); vice-président et administrateur non-exécutif de David Jones Limited, partenaire dans le cabinet d’avocats de Sydney Kemp Strang, directeur des filiales australiennes de Grosvenor Group Limited (société de promotion immobilière privée détenue par le duc de Westminster), membre du conseil consultatif de la Nouvelle-Zélande (propriété de la société d’investissement Grant Samuel). Siège à la filiale australienne de la société de relations publiques Burson-Marsteller.
Issa Hayatou – Cameroun – Président de la confédération africaine de football (CAF). A reconnu être impliqué dans des affaires de corruption à la Fifa (175 paiements illégaux faits entre 1989 et 1999, pour 100 millions de dollars), notamment pour avoir touché un chèque de 25.000 francs suisse de la part d’International Sports and Leisure (ISL)
Son altesse royale le Prince Nawaf Faisal Fahd Abdulaziz – Arabie Saoudite – Président en charge de la jeunesse (ministère de la Jeunesse et des Sports) d’Arabie Saoudite, président de l’Association saoudienne des auberges de jeunesse.
Patrick S. Chamunda – Zambie – Ex Directeur général de la société de produits pétroliers raffinés ROP Limited (1973-1977). Ex membre du conseil d’administration de l’établissement bancaire Finance Bank (Zambia) Limited. Ex Vice-président du Centre d’investissement de Zambie; Ex Président du conseil d’administration de la compagnie de chemins de fer Zambia Limited. Ex pprésident du conseil d’administration de la compagnie nationale des aéroports Zambia Limited.
Son altesse le Cheik Tamim Bin Hamad Al-Thani – Qatar – Emir héritier du Qatar – Commandant en chef des forces armées du Qatar. Vice-président du Conseil suprême des affaires économiques et des investissements. Grand officier de la Légion d’Honneur française.
Sir Philip Craven – Royaume Uni – Président du Comité International Paralympique 2012. Ancien Chef des services administratifs de la British Coal Corporation (Société d’exploitation du charbon).
Francesco Ricci Bitti – Italie – Haut dirigeant et membre de conseils d’administration, depuis plus de 30 ans, de plusieurs multinationales de premier plan spécialisées dans la technologie de l’information et les communications (Philips, GTE, Alcatel, Olivetti, Telecom Italia)
Son altesse royale le Prince Tunku Imran – Malaisie – Président de la Société d’aluminium de Malaisie et des Ciments malaisiens Lafarge. Président du groupe Petra. Président exécutif de Syarikat Pesaka Antah. Ex-directeur exécutif Haw Par Malaisie, ex directeur général du groupe de sociétés Antah.
Patrick Baumann – Suisse – Ex-juriste au bureau de la Police des étrangers de Lausanne. Ex juriste à la Société de Banque Suisse à Lausanne. Secrétaire général de la FIBA. Collaborateur de l’ouvrage « Marketing des organisations sportives – Construire et gérer les réseaux et les relations »
Claudia Bokel – Allemagne – Assistante de recherche au laboratoire de contrôle du dopage de Cologne (accrédité par le CIO) ET conseillère principale en administration des entreprises chez Bayer Business Services. Ex-présentatrice sur Eurosport.
Richard Peterkin – Sainte-Lucie – Associé, PricewaterhouseCoopers (Expertises comptables), Caraïbes orientales. Ex-Comptable, KPMG Saskatoon, Canada. Ex-superviseur et associé, KPMG Sainte-Lucie. Ex-associé PricewaterhouseCoopers Sainte-Lucie. Ex président de la Chambre de commerce de Sainte-Lucie. Ex-président du Conseil économique national de Sainte-Lucie.
Son Altesse Royale le prince Frederik André Henrik Christian – Danemark – Comte de Monpezat, héritier du trône de Danemark et Régent du royaume lors des déplacements de la Reine à l’étranger.
Habu Gumel – Nigeria – Président du Conseil de la régulation de l’ingénierie au Nigéria. Secrétaire exécutif du Fonds de la loterie nationale.
Habib Macki – Oman – Ex-membre du conseil banque et finance, et président du comité des hommes d’affaires russo-omanais. Propriétaire du Bureau d’ingénierie moderne. Associé dans Oman International Exchange LLC. Ex-membre du conseil d’administration et du conseil exécutif de la Chambre de commerce et d’industrie d’Oman (OCCI). Ex-membre du tribunal de commerce d’Oman et ex-membre de la cour d’appel de commerce d’Oman.
Göran Petersson – Suède – Secrétaire général du Centre suédois des congrès et des expositions. Président d’une société de construction de bateaux. Président d’une société immobilière et de construction. Ex-président du conseil consultatif d’une banque commerciale. Ex-Juge au tribunal de district. Ex-président-directeur général chez Advokatfirman Vinge. Ex-président d’une société d’ingénierie.
Son altesse royale le Prince Feisal Al Hussein – Jordanie – Fondateur de la compagnie aérienne Royal Falcon. Fondateur de la Jordan International Air Cargo. Chef du haut comité d’organisation du Salon des forces d’opérations spéciales (SOFEX). Président de la Commission royale pour l’eau.
José Perurena – Espagne – Directeur du département informatique, Saint-Gobain (Espagne)
Docteur Gerardo Werthein – Argentine – Directeur des finances de Banco Mercantil Argentino (banque commerciale et de détail) (1986-1993); de 1994 à 2009 : président-directeur général du groupe Caja de Ahorro y Seguro (le plus grand groupe d’assurance d’Argentine); président de Caja de Seguros (compagnie d’assurances de biens et risques); président de Caja de Seguros de Vida (la plus grande compagnie d’assurance-vie d’Argentine); président de La Caja ART (compagnie d’assurances contre les risques professionnels); président de l’Instituto del Seguro de Misiones (compagnie d’assurances); président de Caja de Seguros de Retiro (caisse de retraite); président de Banco Caja de Ahorro (banque commerciale et de détail); président-directeur général de Los W S.A. (société d’investissement); membre du conseil d’administration de Gregorio, Numo y Noel Werthein S.A. (firme agroalimentaire); vice-président de Telecom Argentina; président de WAI de Argentina SL (société d’investissement); membre du conseil d’administration de Telecom Personal (principal opérateur de téléphonie mobile); président de BSI – Werthein (société d’investissement, Lugano, Suisse)
« Chaque fois que je vois le nombre 1, j’ai envie de l’aider à s’échapper… Il a constamment à ses trousses, derrière, le zéro qui veut le rattraper et devant, toute la mafia des grands nombres qui le guettent. » [Romain Gary]
Bonne fin de Jeux Olymfric 2012 à tous…
Autres ressources :
- Officiel : http://www.olympic.org/
- S.I.Lex – Comment la propriété intellectuelle a transformé les Jeux olympiques en cauchemar cyberpunk : http://is.gd/fDL2sU
- Tony Blair, les marchés Olympiques et un aperçu d’une autre Grande-Bretagne http://is.gd/ssGrbb









